« Cet été-là » de Lee Martin

Problème

«Si une fillette part de chez elle, pédalant sur son vélo à la vitesse de 8 km/h, à destination de la bibliothèque publique, qui se trouve à 2,2 kilomètres, combien de temps mettra-t-elle pour y parvenir ?»

Hypothèses

Les témoignages émergent enfin du silence qui a enveloppé la disparition de Katie, il y a trente ans, dans une petite ville au sud-ouest de la Wabash river dans l’Indiana. L’été était alors éblouissant et lumineux, chaud et plein d’humidité. Lourd et étouffant.

Les langues se délient, les histoires se racontent, s’entrecroisent, se succèdent. Celle de Monsieur Dees, le professeur de maths qui aidait Katie à résoudre des problèmes d’arithmétique; un homme qui aimait avoir des secrets, ça lui donnait l’impression d’avoir une longueur d’avance sur les gens qui pensaient savoir exactement qui il était quand en fait ils ne savaient rien du tout . Celle de Clare, veuve malheureuse, sans enfant, qui devint la femme de Raymond R., le type qui fut accusé du kidnapping. Celle de Gilley, le grand frère de Katie qui se demande, la voix tremblante « Comment on sait qu’on a aimé quelqu’un autant qu’on pouvait? »

 

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Résolution

C’est le récit croisé des souvenirs de ces personnages que présente Lee Martin dans le beau roman, Cet été-là, paru aux éditions Sonatine cette année 2017.

Il y est question d’amour, celui de parents aimants et dévastés, celui d’un grand frère sensible et culpabilisé, celui d’un homme seul qui en a manqué, celui d’une femme simple qui l’a trouvé.

C’est un roman super bien écrit, habilement construit, admirablement traduit par Fabrice Pointeau, porté par une poésie tendre et subtile sur le désir et la perte. Le cœur et les sentiments.