« Par le vent pleuré » de Ron Rash

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches

La rivière vient de déposer sur la grève quelques ossements. Ils ont appartenu à une jeune femme disparue. Elle disait s’appeler Ligeia, vivait chez son oncle et sa tante, les  Mosely à Panther Creek et personne, depuis l’été quarante-six ans auparavant, n’avait plus entendu parler d’elle, Jane Mosely.

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On est en 1967 : le Summer of love. Ligeia débarque de  Daytona Beach en Floride, insouciante et jeune, avide de plaisirs et de liberté. Elle a vécu dans une communauté hippie, aime la musique:  Grateful Dead et Jefferson Airplane. Et se contre-fout des bien-pensants. Ses parents l’éloignent de la Floride, fatigués de ses frasques et pour qu’elle  calme son adolescence.

Deux frères de vingt et un et seize ans, Bill et Eugene, vivent avec leur mère, veuve, et leur grand-père, le redouté docteur Matney, tyrannique et conservateur. Ils sont séduits par Ligeia qu’ils ont aperçue alors qu’elle se baignait dans la rivière, non loin de l’endroit où ils plantaient leur canne à pêche, l’après-midi après avoir nettoyé le cabinet médical de leur grand-père.

Le fantôme du passé de Sylva

À l’annonce de la découverte des os de Ligeia, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme du passé, et à leur propre conscience. Bill est devenu chirurgien et Eugene écrivain. C’est Thomas Wolfe, écrivain né à Asheville où les deux frères ont passé leur enfance, qui craignait de sombrer dans l’oubli et pensait n’être que «par le vent pleuré » .

Le magnifique roman, Par le vent pleuré de Ron Rash, paru aux éditions du Seuil en Août 2017, est de ceux qu’on n’oublie pas, une fois la dernière page dévorée. Il est formidablement traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez.

Ron Rash est un écrivain au style envoûtant, il fait monter la tension entre le passé et le présent, les rêves de Bill et les illusions d’Eugene, l’amour fraternel et les rancœurs.

C’est une histoire fondée sur le contrôle, le Mal et le pouvoir, celui de sauver comme celui de tuer. Époustouflant.

À Panther Creek

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