« Trois jours chez ma tante » de Yves Ravey

J’éprouve toujours une sorte d’exquise excitation quand sort un roman d’Yves Ravey. Et ça m’est arrivé à plusieurs reprises ces dernières années.

 

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Aussi, j’ai découvert avec une gourmandise renouvelée son dernier roman: Trois jours chez ma tante, paru aux éditions de Minuit en Septembre 2017.

 

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Marcello Martini s’est installé en Afrique de l’Ouest depuis vingt ans. Il travaille pour une organisation humanitaire au Libéria.

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Monrovia – photo de RyansWorld

La tante  de Marcello finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée. Elle le convoque en France pour lui annoncer qu’elle mettra fin tout prochainement aux versements mensuels qu’elle lui octroie depuis vingt ans, depuis son départ dans les environs de Monrovia. Il doit absolument se rendre chez le notaire. Marcello prend un vol pour la France précipitamment. Mais, il sera de retour dans trois jours tout au plus. D’ailleurs un inspecteur de l’organisation doit se pointer le vendredi soir pour vérifier la comptabilité de l’école que dirige Marcello Martini.

Ce qui est délicieux dans ce roman de Yves Ravey, c’est qu’on découvre par des propos merveilleux d’ironie,  lâchés au détour de conversations téléphoniques avec Honorable, son secrétaire homme-à-tout-faire, resté en Afrique, la précipitation avec laquelle Marcello  Martini a quitté le Libéria,  ce qui se passe dans l’école qu’il a montée dans ce pays ( il vante les multiples bienfaits que cette institution a apportés à ses chers élèves à sa tante attentive), et la panique qui s’empare de lui quand il apprend que l’inspecteur de l’organisation est arrivé plus tôt que prévu et a découvert des choses jusqu’alors soigneusement cachées.

Au fil des pages se construit la personnalité de Marcello, et la lecture se tend d’un suspense haletant où se mêlent étonnement, angoisse et humour noir.

Un roman captivant par sa construction digne de celle d’un thriller. Une lecture savoureuse au style ciselé.