« Emma dans la nuit » de Wendy Walker

Wendy Walker avait réussi à me voler  des heures de sommeil quand je m’étais plongée dans la lecture de son premier roman Tout n’est pas perdu, ce deuxième roman, Emma dans la nuit, paru aux éditions Sonatine, en Février 2018, est tout aussi intrigant .

 

emma

 

 

La nuit

Cassandra Tanner et sa sœur Emma ont disparu il y a trois ans. Cassandra avait alors quinze ans et Emma dix-sept ans. Au bord d’une plage, une nuit, la voiture d’Emma est retrouvée, son sac à main et ses clés sont à l’intérieur du véhicule, ses chaussures abandonnées sur la grève sont ballottées par les vaguelettes qui s’échouent imperturbables sur le sable. Jamais, depuis, elles n’ont été retrouvées. Et voilà que Cassandra revient au bout de tout ce temps chez sa mère. Cassandra mais pas Emma.

Evidemment, son retour suscite une foule de réactions : sa mère l’entoure d’une tendresse étouffante et suspicieuse, son père est fou de bonheur, le FBI s’interroge et l’interroge ;  une psychologue médico-légale du FBI, Abigail Winter, assiste aux entretiens pour essayer de dresser le profil psychologique de la jeune fille. Quelque chose dans l’attitude et le récit de Cass intrigue Abigail. Elle et Emma auraient été retenues recluses sur une île, Emma y serait encore captive alors que Cass aurait réussi à s’échapper pour réclamer de l’aide.

Emma

C’était la fille « préférée » de sa mère. Celle qui engrangeait les caresses et les baisers, les sourires doux et les gentillesses. Mais celle qui avait compris aussi que cette mère-là n’existait que dans le regard admiratif et les mots sucrés qu’elle exigeait de ses filles. Que cette mère-là déchargerait sa colère et ses ressentiments si la gratitude obligée de ses filles ne lui était plus réservée. Une mère narcissique et vengeresse qui punissait, emplie d’une dévastatrice et humiliante fureur.

Pourquoi Cass insiste-t-elle pour être interroger par les enquêteurs et par Abigail en présence de sa mère ? Pourquoi sa mère met-elle son récit en doute ? Que s’est-il passé trois ans auparavant ? Cass mentirait-elle ?

Emma dans la nuit

Cassandra déroule son histoire depuis le premier jour de son retour, évoque des évènements passés, observe sa famille et pèse ses mots ;  les chapitres où elle se raconte (raconte)  alternent avec ceux où Abigail relate ses observations et ses doutes. Se dessine alors, dans une atmosphère pesante, l’histoire d’une drôle de famille. « Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire ». Pour trouver la vérité, « il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder » .  Et c’est ce que Cassandra va faire. Nous ouvrir les yeux.

Comme pour son précédent roman, Tout n’est pas perdu, que j’avais dévoré, je me suis plongée dans ce roman, prisonnière volontaire de l’intrigue concoctée par Wendy Walker, victime consentante, emmêlée dans les fils de la toile qu’elle a tissé avec brio.

Lire aussi cet excellent billet du blog Les livres de K79 – qui a éveillé ma curiosité – sur le même roman.