Mon chien stupide

Dans son roman, Mon chien stupide, John Fante décrit un scénariste hollywoodien raté, Henry Molise, qui peine à vivre de son écriture, pointe au chômage et tente de gérer au mieux sa vie dans une immense demeure des beaux quartiers de la banlieue californienne de Point Dume. Marié depuis vingt-cinq ans avec Harriet, il ne rêve que d’une chose: que ses quatre enfants, Dominic, Jamie, Denny et Tina, quittent enfin la maison, vivent leur vie et lui foutent la paix. Un rêve récurent tenaille ses pensées: tout plaquer et partir en Italie, berceau de son enfance.

 

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Un énorme chien dans le jardin

Alors qu’il rentre chez lui par une nuit venteuse arrosée d’une pluie drue et aveuglante, Henry apprend qu’une grosse bestiole pleine de poil – un ours ? suggère Harriet – squatte le jardin près de la véranda et semble, même endormi, terriblement menaçant.

C’est un chien, un akita.

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Harriet ne veut absolument pas qu’il entre dans la maison, mais le chien parvient à en franchir le seuil, file s’allonger sur le canapé du salon et refuse d’en bouger. Aucune ruse pour le déloger ne se révèle efficace. Le lendemain matin, au désespoir de sa femme, Henry le découvre endormi dans la chambre de son fils Jamie.

Un énorme chien dans la maison

La famille découvre que ce chien est stupide – d’où son nom –  mais Henry s’attache à cet animal doué pour chambouler la famille, attiser les rancœurs, les non-dits et les ressentiments. Stupide ne saute que sur les chiens mâles ou les hommes, met un bordel monstre dans le quartier… Les enfants de Henry le détestent et Harriet menace de se tirer si le chien reste.

C’est un roman à l’humour loufoque, provocateur et ravageur. Super bien écrit. Jouissif. Mais c’est aussi une histoire qui interroge les sentiments familiaux, le besoin de voir les enfants s’émanciper du cocon douillet que leur offrent leurs parents, le vide que leur départ provoque et emplit alors de souvenirs nostalgiques. Une certaine tristesse du temps qui s’enfuit sans qu’on puisse le retenir.