Olivier Norek : « Surface »

Olivier Norek est un auteur de polars génial : j’ai adoré passer des heures de lecture avec le capitaine Coste dans Code 93, Territoires et Surtensions. Dans Surface, paru aux Éditions Michel Lafon ce mois d’Avril 2019, il nous fait découvrir une jeune flic des Stups Noémie Chastain.

 

aa.jpg

 

Paris

Suite à une interpellation qui la laisse gravement blessée au visage, le capitaine Chastain doit se reposer et suivre des séances avec un psychiatre. Rien d’anormal jusque là. Mais elle a reçu une balle en plein visage et sa joue droite reste salement marquée d’une vilaine cicatrice – elle ne se reconnait plus, divisée en deux, songe-t-elle, au point qu’elle ne supporte plus d’être Noémie, mais No – et son chef craint que sa reprise de service (si elle est capable de revenir bosser) soit un constant rappel de son incapacité à se protéger et à protéger ses hommes.

Ils sont quelques-uns au Bastion à souhaiter qu’elle se mette au vert, loin de Paris. Si possible. Pourquoi pas Decazeville en Aveyron : il y a un commissariat qui fait doublon avec la gendarmerie, et comme il ne s’y passe jamais rien… Noémie est chargée d’aller évaluer le commissariat pendant un mois pour ficeler un rapport et annoncer sa fermeture.

Decazeville

Noémie Chastain est accueillie pour ce qu’elle est :  un bon flic qui aurait méritée d’être promue. Le lieutenant Romain Valant le lui affirme qui lui présente son logement et les hommes avec lesquels elle va travailler : le gardien de la paix Solignac (Milk), le brigadier Bousquet et le commandant Roze. Les flics de Decazeville sont un tantinet gênés ou maladroits quand ils regardent son visage. Même s’ils savent tout d’elle quand elle débarque dans leur bourgade. Chacun réagit comme il peut, plus ou moins bien, avec plus ou moins de classe, de surprise, de malaise ou de franc dégoût. 

La ville est paisible, la maison où elle loge est accueillante, joliment dressée au bord d’un lac. Et Noémie attend que les jours s’écoulent jusqu’à la date de son départ. Mais ce matin-là, un fût contenant le corps d’un enfant a été retrouvé flottant sur le lac. Impossible de partir.

Olivier Norek nous emmène sur les traces du passé avec un personnage de flic attachante qui doit démêler les nœuds d’une enquête et comprendre sa souffrance pour se reconstruire. Gueule cassée, âme brisée.

C’est une bien belle réussite que cette histoire. Le suspense est orchestré pour tenir en haleine et les personnages sont finement décrits. Il évoque aussi la ruralité et les difficiles choix des élus pour sauvegarder la vie de leur commune. Un polar vivement recommandé !

 

 

decazeville_c_c-bousquet-tourisme-aveyron.jpg

Decazeville, magnifique bourgade de l’Aveyron