L’homme de la montagne

« Été 1979. J’avais treize ans et deux mois, et je venais de terminer ma cinquième. Je n’avais pas d’amie intime, mais j’aimais ma sœur plus que tout au monde, juste avant mon père. »

 

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Publié en Juin 2014 aux éditions Philippe Rey, puis aux éditions 10/18 en 2015, traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain, L’homme de la montagne est un très beau roman de Joyce Maynard.

Rachel et sa petite sœur Patty, âgée de onze ans, rêvent de passer les vacances à vagabonder dans la montagne qui borde leur maison. Elles inventent de nombreux jeux, adorent partager les heures de la journée ensemble, bouillonnent d’imagination et adorent imaginer la vie des voisins qu’elles observent ;  elles partagent une affection faite d’admiration mutuelle et une tendresse exclusive. Leur père, l’inspecteur de la criminelle Torricelli est bel homme et excellent enquêteur ; elles l’aiment et l’admirent infiniment. Séparé de leur mère, il voue un amour indéfectible à ses filles qu’il ne manque pas d’emmener en promenade ou au restaurant dès qu’il lui est possible de passer du temps avec elles, leur prodigue affection et conseils et répond aux appels de ses filles quelqu’en soit le motif.

Cet été-là, l’effroyable se produit : des cadavres de jeunes femmes sont découverts dans la montagne, violées et étranglées par un meurtrier qui sera bientôt surnommé l‘Étrangleur du crépuscule. C’est le père des deux fillettes qui est chargé de l’enquête et elle s’avère longue et difficile, il n’y a pas d’indices ni d’empreintes, et les cadavres s’accumulent. Encore.

Trente ans plus tard,  Rachel livre le récit de ce sinistre été-là et du jour où les deux sœurs ont rencontré l’étrangleur de crépuscule. Elles n’ont pas été crues par la police qui les a considérées comme des gamines hystériques et fantasques. Mais Rachel décide alors de retrouver cet homme. Coûte que coûte.

C’est un roman plein de la tendresse de deux sœurs qui s’aiment et se soutiennent dans la difficulté de grandir, tentent de survivre à la désolation qui règne dans leur maison, à la tristesse de leur mère et à la déchirure laissée par le départ de leur père. Mais c’est aussi un polar psychologique qui ne ménage ni l’effroi ni le suspense.