L’homme posthume

« Je tentais de parler, mais mon corps ne paraissait pas relié à ma tête. Je ne voyais rien, je n’entendais pas bien, je n’arrivais pas à faire fonctionner mes bras. J’étais conscient qu’autour de moi il y avait du mouvement, des éclats lumineux et des paroles, mais impossible de trouver ma voix. »

L’homme posthume est paru aux éditions Gallmeister (Néo noir), en 2016. C’est un roman de Jake Hinkson traduit de l’anglais par Sophie Aslanides. J’apprécie énormément cet auteur car c’est une sacrée plume du roman noir américain.

Eliott s’est suicidé. Enfin, c’était en tout cas ce qu’il voulait absolument. Il ne se souvient de pas grand chose si ce n’est qu’il fuyait son bureau avant de choisir de mourir. Mais les choses ne se sont pas déroulées exactement comme il le souhaitait : le voici ramené à la vie trois minutes après sa mort.

Quand il reprend connaissance dans un lit d’hôpital, il découvre Félicia, une jolie infirmière penchée au-dessus de son lit. Elle se montre experte et attentionnée mais aussi très étrange. Quand il s’échappe de sa chambre, redoutant la visite de son ex-femme, il accepte la proposition de l’infirmière : l’accompagner jusque chez elle où elle veut se changer et filer ensuite boire un verre ensemble quelque part.

Mais dans la jolie maison de Félicia, d’étranges personnages se sont installés qui attendent la jeune femme. Commence alors une drôle d’équipée qui va entraîner Eliott dans des magouilles douteuses et le placer dans des situations dangereuses. Mais après tout, qu’est-ce qu’il en a à faire ? Il n’a rien à perdre. Il est déjà abîmé par une profonde détresse.

Une belle infirmière, des jumeaux complètement cintrés et un brin dangereux, un flic douteux et imprévisible et surtout le redoutable Stan the Man : Eliott va découvrir et plonger dans un monde violent et tordu auquel lui seul apporte un peu de douceur par son humanité et sa générosité.

Sous la plume acérée et ironique de l’excellent Jake Hinkson, la rédemption n’est jamais loin et elle inspire des actes courageux.