Les mangeurs d’argile

« Arrivé de l’autre côté de la rivière, il fit volte-face pour jeter un dernier regard à Cheerville et à son nouveau résident et vit Billy là où il l’avait laissé à côté du promontoire, le moulin derrière lui à contre-jour. Observant Jesse avec une empathie sans équivoque. »



Les mangeurs d’argile, paru aux éditions Gallmeister et traduit de l’américain par Anatole Pons-Reumaux, est le premier roman de Peter Farris que j’ai découvert en parcourant les étagères de ma librairie de quartier. Et c’est celui qui m’a plongé avec bonheur dans l’univers romanesque de cet écrivain américain. 

Jesse est un jeune garçon de 14 ans dont le père Richie est mort d’une chute accidentelle. Mais dans cette petite bourgade de Géorgie, dirigée par un shérif ripoux, les terres sauvages de Richie Pelham regorgent de terre blanche, l’argile qui suscite des convoitises pour l’argent qu’elle rapporte, et remplit le ventre de ceux qui n’ont rien.

Jesse promène son coeur lourd de chagrin sur les terres de son père, revoit les endroits où ils chassaient, et rencontre un vagabond, Billy, tellement maigre et affamé, qu’il lui apporte des vivres. Peu à peu, l’homme et l’adolescent nouent une amitié où se partagent la compassion et l’affection. Mais Billy est recherché par le FBI ; il lève peu à peu le voile sur des actions répréhensibles commises dans son passé, ce qui n’altère pas la confiance que lui voue Jesse. On ne peut pas faire revenir une balle en arrière. Mais il est toujours temps de faire une bonne action.

Gravitent autour de Jesse sa belle-mère Carroll, son oncle, le frère de Carroll , un prédicateur roublard et assoiffé de fric comme les hommes d’affaires violents avec lesquels il fomente ses coups tordus.

Alors, oui, c’est un roman noir avec des méchants dégénérés et une belle brochette de manipulateurs, mais c’est aussi une histoire d’amitié et de rédemption. Une lecture captivante.