« Le cinéma de Bruno Dumont en fragments alphabétiques »

Il faut laisser au lecteur du film d’être un lecteur, c’est-à-dire que c’est son travail aussi que de comprendre. Bruno Dumont.

Le cinéma de Bruno Dumont en fragments alphabétiques, publié aux éditions WARM, en Juin 2021 sous la direction de Benjamin Thomas est une présentation des lectures de vingt-huit auteurs en soixante-sept entrées. Or, l’une des options pour rendre hommage à la coïncidence des opposés qui est la densité même du cinéma de Dumont, c’était peut-être de s’efforcer de l’étudier en maintenant à vif une pluralité de points de vue.

Bien sûr, comme je suis née et que je vis dans le Nord, j’ai particulièrement aimé Flandres (2006) que Benjamin Thomas décrit comme un film où le souffle est omniprésent. Le vent dans les feuilles et le souffle du personnage principal, André Demester, qui siffle, s’essouffle et soupire et ces sons expriment l’être plus que toute parole. À la lecture de ces mots, et l’allitération des s, on l’entend, on le respire cet air qui se déplace.

La Flandre, autre entrée alphabétique de ce livre, nous est décrite sous la plume de Benjamin Thomas, comme une terre (qui) a toujours porté en elle un potentiel d’hétérogénéité ; elle sert de décor aux films de Bruno Dumont, mais il s’en sert pour sa conception du cinéma qui révèle la vérité sociale, culturelle, historique des territoires.

Les films de Bruno Dumont ont des registres et des genres très différents et les différentes entrées de ce livre nous en offrent un bel éventail sous la plume de nombreux auteurs passionnés :

  • écriture de Maryline Alligier
  • enfance de Clément Montcharmont
  • Epstein de Benjamin Thomas
  • femmes de Daphnée Guerdin
  • idiotie de Célia Kadouche
  • interstices de Frédéric Cavé
  • larmes de Raphaël Jaudon
  • Lille de Benjamin Thomas
  • p’tit Quinquin de Sébastien David
  • regard de Rémi Fontanel
  • sacré de Aurel Rotival
  • violence de Louise Liénard, et plein d’autres.

Ce livre nous fait entrer dans l’univers cinématographique de Bruno Dumont et c’est une bien jolie manière de le découvrir.