La Vénus de Botticelli Creek

Lorsqu’elle l’entendit, Martha Ettinger quitta un instant des yeux le sentier et le bord de son chapeau se releva, lui dévoilant les premières étoiles. Au loin se découpait la silhouette indigo de Papoose Mountain. Le hurlement s’élevait depuis l’une de ces forêts de pins aux doigts crochus qui semblaient vouloir agriper les sommets, d’abord une note profonde, soutenue, à laquelle s’était mêlée une harmonie plus aigüe qui en avait entraîné d’autres…

Keith McCafferty nous invite dans ce très beau roman à retrouver le Montana, ses grands espaces, sa nature sauvage et ses rivières scintillantes de poissons.

Paru aux éditions Gallmeister, et traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens, La Vénus de Botticelli Creek, c’est aussi une enquête que va mener Martha Effinger épaulée de ses compagnons Sean Stranahan et Harold Little Feather, suite à la disparition mystérieuse de la jeune guide de rivière Nanika Martinelli qui travaillait dans un ranch-hotel.

La Vénus de Botticelli Creek, c’est Nanika, jolie rousse flamboyante qui faisait tourner la tête des hommes qui la côtoyaient. Je peux vous dire que certains hommes avaient du mal à se concentrer sur la pêche.

Si sa disparition brutale inquiète le shérif Ettinger, elle s’interroge aussi sur la mort d’un cow-boy empalé sur un cerf qu’elle a découvert dans la montagne un soir qu’elle suivait une piste pour retrouver Nanika. Les deux affaires sont-elles liées ?

Martha a été troublée par des hurlements qui se répondaient comme en écho. Car il est question de loups dans ce roman, de leur introduction dans la nature, de la crainte qu’éprouvent les habitants de cette région férus de chasse et de pêche à la mouche, de la farouche défense des animaux menée par un groupe plutôt fanatique.

Comme dans ses précédents romans, la plume poétique de McCafferty décrit la nature sauvage et grandiose de la vallée de la Madison avec ses personnages touchants et emplis d’humanité.