Frank Sinatra dans un mixeur

Je quittai l’hôpital et bus une lampée de Jim Beam au goulot aussitôt que j’eus trouvé la voiture. Je chargeai le fusil et allumai le chauffage. Je ne supportais pas de voir Frank dans cet état. Je pris une autre rasade tout en cherchant des antalgiques dans la boite à gants. Mon visage enflait ; la peau autour de mon œil était tendue et gorgée de sang. Je sentis que mes entrailles commençaient à se consumer et je sus que le feu du bourbon était en route.

Paru aux éditions Gallmeister dans la collection Totem, Frank Sinatra dans un mixeur est le premier roman de Matthew McBride traduit de l’américain par Laurent Bury.

Braquer une banque

Oui, mais avec une camionnette de boulanger. Il faut oser. C’est pourtant ce que tentent deux des hommes de Joe Parker, Bruiser et Telly. Tout ne se déroule pas comme prévu. Quand il y a une fusillade, le plan se complique. Et d’ailleurs où est passé le gros sac de fric ? Les explications de Telly le junkie ne convainquent pas Parker. Ils envoient deux de ses sbires, Johnny – qu’il surnomme Sans Couilles- et Sid, pour interroger Telly et obtenir des précisions sur le déroulement du braquage. Mais Parker n’est pas le seul à s’intéresser à ce qu’il est advenu du butin. Les rues bruissent de rumeurs et éveillent des convoitises.

Enquêter comme détective privé

C’est le boulot de Nick Valentine à la demande du commissaire Caraway qui le considère comme son fils. Nick est un ex-flic, détective privé alcoolique, dont les méthodes conviennent parfaitement au commissaire. Nick carbure au bourbon et à l’OxyContin ; il s’approche de plus en plus de la résolution de l’enquête à chaque loi qu’il enfreint. Mais il a aussi besoin de fric. Et il connait bien Big Tony et son acolyte Doyle. Big Tony dit que nous n’avions qu’une solution, que nous devions agir vite et bien. Il dit qu’une fois cette ligne franchie, on ne pourrait plus revenir en arrière.
Je dis que les seules lignes qui m’intéressaient étaient les lignes tracées à la craie

Se partager le butin

C’est ce que veulent Big Tony et Doyle. Pour retrouver le fric et se débarrasser des hommes de Parker, l’aide de Nick serait bienvenue. Ils se connaissent bien et un butin, précisent-ils à Nick, ça se peut se partager en trois. Quand Doyle n’était pas en train de commettre un vol, il pensait en commettre un. Ou il se préparait à voler quelque chose. C’était le genre de type qui rêve de vol toutes les nuits. 

C’est un roman plein d’humour avec une galerie de personnages aussi barrés les uns que les autres. Le style est alerte et sert parfaitement une histoire aussi échevelée que réjouissante et drôle.

Je me suis plongée dans cette lecture avec un plaisir certain. Alors oui, il y a des scènes d’une violente perversité et des personnages pas très fréquentables mais c’est un roman qui transpire l’ironie. C’est une histoire qui file des frissons, un cocktail explosif.